SOS, je suis abonnée aux infections urinaires

Illustration par Dranem Bag

Si t’as déjà pleuré de douleur sur une toilette, uriné du « vin rouge » ou refusé de sortir de ton nid en raison d’un inconfort urinaire, cet article est pour toi.

Si tu crois avoir une infection urinaire présentement et que tu ne comprends pas trop ce qui se passe, cet article est aussi pour toi.

Les dernières années m’en ont fait voir de toutes les couleurs en matière de problématiques urinaires. J’ai pas assez de doigts pour compter le nombre de fois où, en pleine nuit, assise sur ma bécosse froide, j’ai farfouillé les Internets à la recherche de trucs et réponses au sujet des infections urinaires.

Le problème, c’est que je trouvais EEE-RIEN, à part le fameux conseil de boire du jus de canneberge… Les canneberges ont le dos large, m’a te dire.

Après maintes cultures d’urine, des consultations avec une urologue, une cystoscopie (ayoye môman) et deux échographies, j’ai FINALEMENT compris quelques affaires. Pis, à mon avis, ces précieuses informations se doivent d’être partagées, affichées, criées.

Pourquoi un article du Club Sexu là-dessus? Parce qu’une infection urinaire, ça peut te gâcher la vie sexu (et la-vie-la-vie) en titi. Après tout, ça affecte une importante zone de plaisirs charnels.

Sans plus tarder, donc, débroussaillons ce sujet qui affecte trop souvent nos broussailles intimes.

D’abord, qu’est-ce qu’une infection urinaire?

Les infections urinaires désignent toute infection d’une ou de plusieurs parties du système urinaire : vessie, reins, urètre et uretères. 

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’on a tou·te·s des bactéries présentes dans notre urine. C’est normal. On en a aussi dans la bouche, sur notre peau, dans notre système digestif… un peu partout, quoi! 

Habituellement, l’une des fonctions du système urinaire est de se débarrasser des bactéries afin d’éviter les infections. Sauf que des fois, il a un peu plus de pain sur la planche et ses défenses sont insuffisantes. 

Ça fait que, quand la quantité de bactéries dépasse un certain seuil, tu développes une infection urinaire (ayoye môman, encore).

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des traitements. La moyenne nouvelle, c’est que tu dois les commencer rapidement. 

Plus souvent qu’autrement, les infections urinaires débutent au niveau de l’urètre (urétrite) et de la vessie (cystite) et ça, ça se traite avec des antibiotiques. Cela dit, quand l’infection n’est pas prise à temps, elle peut atteindre les reins (pyélonéphrite) et exiger une hospitalisation. Personne n’a envie de se rendre jusque là, j’t’en passe un papier.

On dit qu’une personne a des infections urinaires récurrentes lorsqu’elle en a deux fois dans une période de six mois ou trois fois en un an.

À quoi ressemblent les symptômes d’une infection urinaire?

Si tu es abonné·e à cette infection du démon, tu crois probablement avoir la réponse à cette question. Cela dit, les symptômes peuvent varier et tu ne les connais peut-être pas tous. Voici les principaux :

  • Envies pressantes (du genre : si je trouve pas une toilette dans la seconde, je mouille mon froc)
  • Sensation douloureuse lors de la miction, s’empirant souvent aux dernières gouttes d’urine (les gens disent souvent que c’est comme s’il y avait une lame de rasoir dans leur urètre. Fun times.)
  • Quantités d’urine plutôt petites 
  • Urine d’apparence trouble
  • Urine rosée, rouge vif ou rouge vin (souvent signe qu’elle contient du sang)
  • Douleur au niveau du pelvis ou du dos
  • Fièvre (souvent signe que l’infection a atteint les reins)
  • Frissons et tremblements
  • Nausée et vomissements

Quand tu as un ou plusieurs de ces symptômes, n’attends pas plus et consulte un·e médecin, qui pourra te prescrire le traitement approprié.

Et quelles sont les causes?

Heureusement pour nous, quand on connait les facteurs de risque, ça peut nous aider à les éviter. Les principales causes des infections urinaires sont :

  • Avoir un vagin (well, ça… on peut pas faire grand chose)
  • Ne pas boire suffisamment d’eau quotidiennement
  • Ne pas faire de beaux 💩 chaque jour
  • Ne pas boire d’eau avant et après les rapports sexuels
  • Ne pas uriner après les rapports sexuels

À noter qu’il ne s’agit pas d’une liste exhaustive.

De grâce, dis-moi qu’on peut les prévenir? 

AHHHH! La question qu’on se pose toutes et tous. La réponse est OUI! 

Tu peux mettre toutes les chances de ton côté en donnant une jambette aux quatre derniers facteurs de risque mentionnés ci-dessous :

  • en buvant au moins 2 L d’eau par jour
  • en ayant une belle régularité fécale (ouan, j’pensais pas écrire ça un jour)
  • en buvant de l’eau avant et après tes rapports sexuels
  • en faisant pipi après tes parties de fesses

Si tu as une perspicacité du tonnerre, tu auras compris que vider ta vessie fréquemment aide GRANDEMENT à éviter les infections. Plus tu urines, plus tu élimines les bactéries. Simple de même.

Il existe également des traitements antibiotiques préventifs si tu en fais trop souvent. Informe-toi auprès d’un·e médecin!

« J’ai souvent des inconforts urinaires qui se transforment pas nécessairement en infections. Why? »

Dans un élan de désespoir, j’avais posé cette même question lors d’une consultation avec une urologue. Étais-je tombée sur la caboche pis j’hallucinais des petites douleurs? Ou était-ce part of the game of having un système urinaire?

Sa réponse, quoique pas magique, m’a tout de même éclairée. 

Tout d’abord, une personne qui fait fréquemment des infections urinaires sera plus « à l’écoute » de sa situation pipi. 

Cela dit, certains déclencheurs peuvent suractiver ou irriter ta vessie et tes voies urinaires sans qu’une bactérie ne soit impliquée. Une déshydratation, la consommation de certains aliments (tomates, alcool, café, thé et mets épicés, etc.) ou une sensibilité plus accrue de ta vessie sont quelques causes possibles.

Deux derniers conseils

T’en fais ce que t’en veux, mais je finis cet article en te partageant mes trucs du métier (lol) acquis lors de mes cinq années d’expérience en infection uriri. Vois ça comme un bec-et-bobo sur ton système urinaire le jour où il sera pas top shape.

  1. Consulter des spécialistes

Quand tu as un laisser-passer pour les maux urinaires, ça peut devenir paniquant. T’en viens à te demander : « Coudonc, j’ai-tu un problème? » Et la réponse, c’est peut-être oui, mais no panico coco! On t’a souvent dit qu’il existait un éventail diversifié d’organes reproducteurs et c’est le cas aussi pour tes autres organes.

Dans mon cas, une cystoscopie a révélé que j’avais une mini malformation à l’urètre… rien de grave, mais ça pourrait expliquer que les bactéries s’accumulent davantage et donc que je suis plus à risque de développer des infections. Ma gentille urologue m’a expliqué comment éviter qu’elles s’accumulent et ça m’a réellement aidée.

  1. Faire le plein de produits « sauveurs »

J’ai aussi découvert – sur le tard – qu’il existait pas mal de produits pour ce fléau urinaire. Alléluia! Voici la liste de mes préférés, j’t’en fais cadeau :

  • Les sachets Cystoplus qui soulagent les douleurs urinaires (mais ne les traitent pas)
  • Les capsules de concentré de canneberge d’Utiva pour prévenir
  • Les gouttes diurétiques d’Urimix pour prévenir
  • Les bandelettes de tests d’infection urinaire d’Utiva (y’a pas que la COVID que tu peux tester à la maison!)

Si cet article t’a interpelé·e, il y a de fortes chances que tu sois un·e habitué·e des infections urinaires. Du fond du cul… euh, du fond du cœur, je te souhaite que ces quelques trucs, infos et conseils t’aideront à les prévenir. Ah pis, je me le souhaite aussi! 🙂

Rédaction de cet article
  • Cloé Lachapelle

    Quand elle n’est pas occupée à se goinfrer d’olives, de cheddar vieilli et d’autres plaisirs gastronomiques, Cloé s’amuse à rédiger sur ses napkins et son Macbook. Conceptrice-rédactrice de profession et créatrice de playlists par passion, (presque) rien ne la satisfait autant qu’un jeu de mots bien aiguisé, une toune bien placée ou une partie de fesses bien exercée. Cloé est également l’autrice derrière le projet sexu Bravo Championne sur Instagram.

Annotations de cet article
  • Sexologue en herbe, ou du moins à en devenir, Célia est bachelière en sexologie à l’UQAM. Elle aspire à offrir une meilleure éducation sexuelle aux jeunes Québécoise.se.s, mais aussi à se battre pour la visibilité de la communauté LGBTQIA+! Elle a non seulement un intérêt prononcé pour la sexologie, mais cultive aussi de multiples passions, comme le violoncelle. Oui oui, elle en joue et est prof privée. Elle est aussi un petit papillon qui se nourrit de nouvelles aventures. Sa phrase préférée: «à quand mon prochain voyage?»