Petit ours

Illustration : Niti Marcelle Mueth

Mon amant préféré et moi, on a un code secret depuis qu’on se connaît : quand on a envie d’attirer l’attention l’un de l’autre, on s’envoie l’emoji du petit ours. 🐻

Je trouve que ça le représente bien : un peu sauvage (des fois), casanier (quand il fait froid), enveloppant et majestueux (tout le temps). 

Quand je parle de lui à mes ami.e.s, j’ai toujours du mal à définir clairement notre relation. C’est plus qu’un ami, mais c’est pas un chum. C’est plus qu’un fuck friend, mais c’est pas vraiment une fréquentation non plus. J’ai pas encore trouvé le bon mot.

Mais ce que je sais, c’est qu’il sait réchauffer mon cœur et mon corps.

Avril 2020. Pandémie, confinement, distanciation physique, vous connaissez la chanson.

Un soir, lovée dans mes draps, je vois un petit ours apparaître par surprise sur l’écran de mon téléphone. Frissons, instantanément. Je sais que je ne peux pas aller chez lui ce soir. Il sait aussi qu’il ne viendra pas chez moi ce soir. Pas de sitôt non plus d’ailleurs, confinement oblige. 

J’ai tellement envie de chaleur humaine. De sa chaleur humaine. 

Lui : 🐻

Lui : Je suis dans mon lit pis je pensais à toi. J’avais envie de te le dire.

Moi : Ah oui ? Tu pensais à quoi, ça m’intéresse…

Lui : Je pensais à la dernière fois que tu es venue me rejoindre tard dans mon lit, avant le confinement. Tu te souviens ? Je t’ai entendue entrer doucement, enlever tes bottes pis ton manteau, et marcher sur la pointe des pieds jusqu’à ma chambre. Le plancher du couloir craquait un petit peu et j’entendais tes pas se rapprocher… Tu as enlevé tes vêtements dans le noir, à côté de mon lit, et tu t’es glissée sous les draps. Tu étais encore un peu froide, parce que tu arrivais de dehors à -20°C, mais ça faisait un beau contraste avec la chaleur de mon corps. Je me souviens que tu t’es collée et que je t’ai réchauffée doucement. 

Moi : 🐻… Oh oui, je me souviens tellement de cette nuit-là, c’était parfait. Ça faisait longtemps qu’on s’était pas vus en plus, c’était tellement bon de se retrouver.

Lui : Oui, c’était doux. J’ai senti tes seins sur mon torse et ça m’a tellement excité. Tes seins… quand j’y pense… je les caresserais, je les prendrais et les lécherais !

Moi : Je te laisserais faire aussi longtemps que tu en aurais envie.

Lui : Je pense que ce serait pendant des heures…

Moi : Je te laisserais arrêter juste pour te prendre dans ma bouche. Ouf, cette conversation me donne envie de toucher ta magnifique peau que j’aime tant et de te caresser avec ma langue, mes mains et encore ma langue. En boucle infinie. 

Lui : Oh oui, j’en ai tellement besoin. Tellement besoin de peau. 

Moi : Moi aussi. Des milliers de caresses réconfortantes, sensuelles, pleines de désir, comme on sait si bien le faire. C’est fou comme nos corps réagissent bien ensemble. 

Lui : Tellement. J’ai envie de te voir. Envie de voir ton cou, tes beaux cheveux, tes lèvres, tes seins que j’aime, ton ventre, tes cuisses. Tout. 

Moi : Je t’envoie une photo ? T’as envie ?

Lui : 🐻

J’enlève mon chandail et m’allonge sur mon lit. J’essaye différents angles. De face, de côté, la bouche entrouverte, ma main ou mes cheveux qui cachent un peu mes seins, un filtre, pas de filtre, un regard du genre « je suis sensuelle mais j’essaye pas trop fort ». C’est toujours ça avec les sexfies : on veut être cute, mais sans avoir l’air d’avoir fait trop d’efforts. Un genre de « woke up like this », mais appliqué à un selfie, la nuit. Je finis par choisir une photo où je me trouve belle et je lui envoie. SEND.

Lui : Wouah, t’es tellement sex ! J’ai des frissons et ça me donne tellement d’idées… Je m’ennuie de ton corps pis de ta bouche pis de ton sexe qui se mouille quand j’approche mes doigts. J’ai envie de frôler ton ventre et tes cuisses avec mes mains et de sentir ton bassin qui tremble parce que tu as envie que je te prenne avec mes doigts et ma langue. Mais je te ferais languir un peu, comme tu aimes, parce qu’on a toute la nuit, tsé… 

Cette conversation est aussi excitante qu’insupportable. Je dépose mon téléphone et glisse ma main dans ma culotte. Je suis déjà mouillée. Je n’en reviens pas de l’effet qu’il me fait, juste avec ses mots. Imagine en vrai ! Maudit confinement.

On a continué comme ça jusqu’aux petites heures. Des mots tout chauds, des photos coquines, des projets sexu pour l’après confinement , pour stimuler nos imaginations et nos corps qui, eux, n’hibernent pas. 🐻