J’ai pour mon dire que prendre rendez-vous pour un dépistage des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS), c’est un peu comme s’abonner au gym; on est plein de bonnes intentions en prévoyant de le faire… pis on finit par laisser ça traîner. 

Mais laisse-toi pas démoraliser. Non seulement un test de dépistage, c’est ben moins long qu’un cours de pilates en groupe, c’est aussi vraiment moins coûteux qu’une passe mensuelle dans un gym fancy.

Bon, c’est l’fun, la métaphore athlétique, mais comment ça fonctionne, au juste, un dépistage des ITSS?

Contrairement à la croyance populaire, le dépistage des ITSS est davantage une mesure préventive que réactive.

C’est mieux de se faire dépister avant d’avoir des relations sexuelles plutôt qu’après si tu tiens à protéger le plaisir de tout le monde. Tu ferais pas ton soundcheck après ton show, t’sais veux dire? 

Surtout qu’on sait que les ITSS peuvent être de vraies pros du camouflage. Ta date ou toi pourriez ne présenter aucun symptôme et quand même vous en transmettre une. Pour te faire dépister, nul besoin d’attendre que des symptômes se présentent comme un·e collègue un peu plate qui gâche la conga line au party de Noël. 

Si t’en es déjà à te dire c’est chaud, c’est chaud, c’est chaud dans tes culottes, arrête ton doom scroll et prends rendez-vous avec ton ou ta médecin. Il ou elle pourra effectuer ton dépistage d’ITSS sur place, en plus de pouvoir te prescrire sur-le-champ des traitements adaptés. 

Pas de médecin de famille? Pas de problème! Certaines cliniques spécialisées, comme l’Actuel (Montréal), pourront t’offrir des plages horaires rapidement, et certaines, comme le Dispensaire (Saint-Jérôme), sont en mesure d’offrir des plages horaires sans rendez-vous. Rends-toi sur le site web du DépistaFest pour découvrir les cliniques partenaires du festival dans ta région. 

Maintenant que tu as une meilleure idée de quand te faire dépister, jasons des types de cliniques où tu peux aller. 

1. Les cliniques pubiques… euh, publiques

On parle ici de la clinique de ton ou ta médecin de famille s’il ou elle pratique au public, mais également des CLSC ou des cliniques jeunesse si tu as moins de 25 ans. L’avantage des services publics, c’est qu’ils sont gratuits sur présentation de ta carte d’assurance maladie. « C’est assez l’fun, une p’tite carte soleil! », comme dirait ma grand-mère. 

Certaines cliniques pourraient exiger des frais d’au plus 15 $ pour le transport des échantillons et les tests en laboratoire. Informe-toi en prenant ton rendez-vous. Et rappelle-toi que sans symptômes, c’est possible qu’il y ait un peu d’attente. C’est un show populaire, comme on dit. 

2. Les services communautaires

Dans le même esprit que les cliniques publiques, les services communautaires sont gratuits ou à frais minimes (encore ce bon vieux 15 $ pour le transport d’échantillons). Il s’agit bien souvent de cliniques éphémères ou de proximité déployées par des organismes communautaires afin de rejoindre des clientèles particulières (travailleur·euse·s du sexe, hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HARSAH), etc.) pour qui les services offerts dans d’autres cliniques pourraient ne pas s’avérer sécuritaires ou adaptés.

3. Les cliniques privées pour tes parties privées

Tu es du genre VIP et tu aimes recevoir tes résultats rapidement? Les cliniques privées seront généralement en mesure de t’offrir un rendez-vous sans délai d’attente, et les résultats te seront acheminés très rapidement. On parle ici de résultats transmis, par exemple, en 72 heures, plutôt qu’en trois semaines au public.

Évidemment, des frais s’appliquent. Ceux-ci varient selon le type de service, et chaque clinique détermine ses propres prix. Prenons l’exemple de la clinique Santé 360 (Anjou et L’Assomption) qui offre deux options. Dans leur cas, le coût de leur service de dépistage via le système public s’élève à 85 $, tandis qu’un dépistage expédié en laboratoire privé te coûtera 175 $. N’hésite pas à communiquer avec la clinique de ton choix pour t’informer de ses tarifs.

4. Concert solo : les cliniques d’autoprélèvement

Une autre option s’offre à toi : les cliniques d’autoprélèvement. C’est exactement ce que le nom laisse suggérer : tu effectues toi-même tes prélèvements. Évidemment, les prélèvements autonomes n’incluent pas de prises de sang. Sache qu’une infirmière ou un infirmier sera sur place pour s’occuper de ce test s’il le faut! 

Avant de prendre rendez-vous, tu rempliras un court questionnaire. Une fois sur place, après un bref échange avec le personnel infirmier, tu n’auras qu’à faire ta besogne selon les instructions fournies (test urinaire et/ou prélèvement avec un écouvillon) pis c’est tout. Simple comme ABCDépistage (ok, on s’excuse pour celle-là). 

La clinique officielle du DépistaFest, Prélib, est justement un centre d’autoprélèvement. Pour en savoir plus sur l’expérience Prélib, tu peux consulter notre article sur le sujet.

The best of both world : autoprélèvement en clinique

Peu importe la raison de ton inconfort, sache que tu peux toujours demander  au personnel soignant de réaliser toi-même ta collecte d’échantillons – à l’exception des prises de sang, évidemment. 

Certaines cliniques comme Le Dispensaire (Saint-Jérôme) offrent cette option d’emblée, à moins d’une demande contraire de la patientèle. Dans certains cas, il est possible que ta demande soit refusée, mais qui ne tente rien n’a rien! N’oublie pas que tu peux toujours mettre fin à un rendez-vous si tu n’es plus à l’aise. Toutefois, comme l’autoprélèvement demande un niveau élevé d’autonomie et de mobilité, il n’est pas adapté à tout le monde.

Au final, un peu comme la musique qu’on écoute, le choix de sa méthode de dépistage, c’est personnel.

Prêt·e à prendre rendez-vous? Reste plus qu’à trouver le bon centre! Consulte la liste des cliniques partenaires du festival dans ta région.

Tu peux aussi te référer à cette carte complète des centres de dépistage au Québec : VIH – Sida – ITSS – Sites de dépistages au Québec – Portail du sida (pvsq.org)

L’organisme Interligne a également répertorié des ressources queer-friendly à travers le Canada : Répertoire | Interligne.co

Rédaction de cet article
  • Ève Landry a le nom d’une comédienne québécoise, mais a choisi d’être autrice à la place. Comme c’est une femme de gang, elle organise régulièrement des soirées de lecture et évènements pluridisciplinaires en tout genre. Son premier roman, Grand Huit, est publié aux éditions de La maison en feu en 2020.