Ça gliiiiiisse, môman! Les différents types de lubrifiants

Illustration par Romain Lasser

On a souvent dit que le chien est le meilleur ami de l’Homme. That’s bullshit. No offense, mes beaux canins d’amour, je vous adore de la tête touffue à la queue frétillante, mais… le meilleur ami des hommes, des femmes, des personnes de la diversité de genre, pis de toute la planète bleue, c’est le lubrifiant. Wouf wouf wouf, que je vous entende pas chialer. 

En tant qu’homme homosexuel circoncis, le lubrifiant occupe une place prédominante dans ma vie sexuelle. Comme je n’ai pas de prépuce, c’est pratiquement impossible de me masturber sans lubrifiant ou sans salive.

Une minute de silence pour mon feu prépuce guys, papa misses you, chaton. 

La sodomie occupe également une grande place dans ma vie sexuelle, et c’est une pratique où le lubrifiant est très important si on ne veut pas se blesser et en profiter au maximum. Je l’ai souvent dit, je le répète pour les néophytes, une sodomie réussie, c’est trois choses : prendre son temps, se détendre et trrrrrès bien se lubrifier. 

Les lubrifiants peuvent également être utilisés pour pallier une sécheresse vaginale ou simplement pour un usage récréatif. Ben oui, pour le pur plaisir de glisser peau contre peau. Ah et, en passant, on peut utiliser les lubrifiants pour pas mal plus que juste la pénétration : pour la masturbation, les massages, la stimulation des seins ou juste les frottis frottas peau contre peau.

Des lubrifiants, my friend, j’en ai essayé de toutes les textures et de toutes les odeurs dans les dernières années.

Mon rond de cuir et moi, on commence à savoir exactement ce qui nous fait plaisir et ce qui nous permet de prendre notre pied l’esprit détendu et la peau glissante.

At the end of the day, c’est différent pour chaque personne et c’est important d’essayer plusieurs choses et de prendre le temps de trouver ce qui nous convient personnellement. J’peux-tu avoir un amen? 

Un peu comme dans toute, les lubrifiants, c’est un monde et on peut vite s’y perdre si on n’a pas une petite lumière éclairante pour nous guider. Bonne nouvelle, je serai votre lanterne de chair, mes chéri.e.s d’amour! 

Let there be light dans la caverne de l’amourrrr.

De manière générale, on trouve deux types de lubrifiants : les lubrifiants à base d’eau et les lubrifiants à base de silicone. (Y’en a aussi un troisième moins populaire, mais j’te garde la surprise.)

Eau my god

Les lubrifiants à base d’eau sont les plus répandus et sont généralement ceux que recommandent les dermatologues. Ils sont faciles à nettoyer, ne tachent pas (on s’entend, fais pas exprès pour en sacrer sur ta blouse blanche de soie crêpée), ne collent pas et peuvent être utilisés avec tes sextoys adorés et tes capotes sans les abîmer. Parmi ces petits élixirs à base d’eau, on trouve une grande variété de produits et de prix. Pour usage médical comme récréatif, on trouve des lubrifiants à base d’eau inodores et incolores ou, au contraire, fudgin’ parfumés (melon d’eau allô!!), comestibles, à effet chauffant (esti que je déteste ça), stimulateurs ou retardateurs d’orgasmes. Bref, y’en a pour toutes les croupes! 

Un des points négatifs des lubrifiants à base d’eau, c’est qu’ils ne peuvent pas être utilisés… dans l’eau! Ben oui, quand ce petit coquin rencontre un semblable, il se dissout complètement. Donc, exit le lubrifiant à base d’eau si tu veux faire des galipettes dans la douche, dans la piscine hors terre de ta belle-mère ou à l’Amazoo : it do be like that sometimes. 

Comme ils sont facilement nettoyables, les lubrifiants à base d’eau ont tendance à sécher plus rapidement. Hélas, la perfection n’existe pas! Mais au pire, on prend une petite pause santé de galipettes l’instant de s’en remettre une lichette sur la peau. En plus de l’eau, certains lubrifiants contiennent du glycérol ainsi que du propylène glycol synthétique ou végétal, qui maintiennent l’hydratation et la texture glissante.  

Silicone vallée du plaisir

De l’autre côté du grand royaume des lubrifiants, dans une contrée lointaine et paisible, on retrouve les lubrifiants à base de silicone. Tu veux un lubrifiant qui tient et qui résiste à l’eau? Le silicone is bae. Le pouvoir lubrifiant du silicone est cinq fois plus élevé en moyenne que les produits à base d’eau… Dans un combat de cocks, le silicone pète la d’j’yeule de l’H2O. 

Mais là, je te vois venir à cent milles à l’heure. Why would one choose le lubrifiant à base d’eau s’il est faiblard comparé au silicone? Eh bien, les lubrifiants à base de silicone ne sont pas compatibles avec les sextoys en silicone. Je l’ai déjà essayé par inadvertance et ça m’a legit pris dix minutes nettoyer mon dildo! Ça fait des genres de résidus sur le jouet, bref, ça marche pas! L’art de saboter ton nouveau vibrateur à 250 $ toé chose. 

D’un autre côté, même si ce n’est pas dangereux, il n’est pas recommandé d’utiliser ce type de lubrifiant avec le sexe oral : il peut laisser un gout désagréable en bouche. Il m’est déjà arrivé de sucer un peu un sexe avec du lubrifiant à base de silicone dessus, c’est pas la fin du monde, mais c’est pas le Toqué, mettons.  

Encore une fois, il existe toute une gamme de saveurs et de sensations chez les lubrifiants à base de silicone. Par exemple, j’ai déjà essayé un lubrifiant anal à base de silicone avec du jojoba, reconnu pour ses propriétés nourrissantes et adoucissantes, et un autre avec de l’huile de CBD aux propriétés calmantes. 

Also, les lubrifiants à base de silicone sont très tachants. Je parle d’expérience : j’ai littéralement scrappé un meuble IKEA et des draps égyptiens avec ce sacripant. C’est difficile à faire partir sur la peau : il te faudra du savon ou un produit astringent pour te débarrasser complètement de la sensation soyeuse. Les lubrifiants à base de silicone contiennent le plus souvent du diméthicone, du diméthiconol et du cyclométhicone, toutes des substances qui peuvent créer des réactions ou des allergies chez certaines personnes.  

De manière générale, je recommande à toutes et à tous de mettre une petite quantité de lubrifiant sur la peau du dessus de sa main ou de son avant-bras avant l’utilisation pour voir s’il n’y aurait pas de réactions cutanées. 

Le troisième lube 

On retrouve aussi des lubrifiants à base d’huile. On les recommande généralement davantage pour le sexe anal ou pour la masturbation du pénis et de la vulve. Pour des rapports vaginaux, ce type de lubrifiant peut augmenter les risques d’infection. Oh oh! En plus, il n’est pas recommandé de l’utiliser avec des condoms de latex à cause des risques de déchirures.  

Fun fact, je me suis déjà masturbé avec de l’huile d’olive en Espagne parce que je n’avais rien d’autre. C’était étonnement agréable : je me sentais en voyage. 

Promis, juré, crache-toé dans paume 

Dans notre bouche, on retrouve aussi un précieux lubrifiant naturel qui peut te dépanner quand t’es ben mal pris.e. Roulements de tambour… la salive!

Ben oui, un peu comme dans Brokeback Mountain, quand on est pogné à des milliers de pieds d’altitude dans des montagnes du Wyoming avec des brebis, on peut se cracher net sec dans la paume et lubrifier ce qu’il y a à lubrifier.

[Pour plus de goodies Brokeback Mountain, lire ce texte rempli de fèves au lard et de télécommandes traitresses.]

Comme la salive est en grande partie composée d’eau et que son pH est quasi neutre, elle peut constituer un lubrifiant quand même décent, gratuit et toujours disponible… à moins d’avoir la bouche fucking déshydratée après un gros joint de Sativa. Ceci étant dit, la salive sèche vraiment rapidement et demande qu’on en remette régulièrement. Ça peut ajouter un petit côté olé olé! Personnellement, j’ai eu beaucoup de plaisir à me faire sodomiser avec de la salive, ça ajoute un aspect wild, mais c’est pas idéal avec la salive du matin (sorry) et c’est généralement moins confortable qu’avec du lubrifiant. 

Un lubrifiant pour chaque sauce de bobettes

Comme tu le constates, c’est vraiment une galaxie entière, les lubrifiants. Là, je te vois venir : mais mettons qu’on y va par type de galipettes, quel lubrifiant je devrais prioriser? Réponse beige : ça dépend vraiment de tes préférences. 

Moi, personnellement (osti que je hais ça le monde qui dit ça), je trouve que les lubrifiants à base d’eau créent une sensation de glissements plus easygoing que ceux à base de silicone. C’est comme si le silicone engendre une petite résistance sur la peau. C’est pas désagréable, ça donne un feeling d’adhésion plus intense. Comme j’utilise régulièrement un butt plug et un dildo en silicone, le lubrifiant à base d’eau demeure plus pratique dans mon attirail.


Ah, by the way, on a un petit partenariat avec une super cool compagnie anglaise de lubrifiants à base de CBD : HOWL, ouais, comme un hurlement de louve à la pleine lune.

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Rédaction de cet article
  • Son amour du langage le fait parfois sourire béatement devant le mot « cucurbitacée », qui épouse parfaitement les rondeurs colorées et les courbes coquines de la courge qu’il désigne. Cette étrange adéquation entre les signes et les choses lui ont fait dédier une partie de sa vie à l’étude de la littérature et à l’écriture de la poésie. La langue, un peu comme un corps, lui apparait pleine de revers mystérieux et de zones érogènes vieillissant avec nous. Il est concepteur-rédacteur pour une petite agence de Montréal et n’a pas peur de saboter une bio en la terminant avec un anglicisme scabreux. Hell no!

Annotations de cet article
  • Franco-Ontarienne originaire d’Ottawa, Léa Séguin a réalisé ses études en psychologie (Université d’Ottawa) et en Family Relations and Human Development (University of Guelph) avant de compléter un doctorat en sexologie à l’Université du Québec à Montréal. Passionnée de la sexualité, Léa continue de mener des recherches sexologiques, notamment sur l’orgasme et sa simulation, la communication sexuelle et les représentations sociales de la sexualité. Au sein du Club Sexu, Léa porte plusieurs chapeaux dont ceux d’administratrice, de consultante scientifique et de rédactrice.